Un moment de partage privilégié avec les lecteurs autour du roman l'été Gigi lors d'une séance de dédicace
L’été Gigi : « Je vis d’amour et de liberté… et personne ne me tient ! »
Céline Estelle écrit depuis l’adolescence et ne se laisse dicter sa route par personne. Artiste, sophrologue, coach et auteure-compositrice membre de la Sacem, elle signe L’été Gigi, un roman jeunesse court et dense qui fait se retourner tous ceux qui pensaient la connaître ! Et qui combine toutes ses aptitudes. Une lecture impossible à ignorer si vous avez croisé ses couloirs, ses bancs d’école ou encore les formations et cercles de parole qu’elle anime depuis 1999 : le texte parlera à ceux qui n’ont rien oublié… Interview d’un sacré caractère, et d’une plume unique…
Vous écrivez depuis vos 16 ans et avez été éditée pour la première fois à 24.
Pourquoi publier L’été Gigi maintenant ?
Parce que certaines histoires demandent du recul. Aujourd’hui, je peux écrire sans filtre, sans édulcorer ni chercher à plaire. Je suis exactement fidèle à la jeune fille que j’ai été. C’est pour moi un vrai atout, que peu savent conserver… C’est plus simple pour communiquer avec la jeunesse. D’ailleurs, à 50 ans, mon seul objectif demeure l’Authenticité que ce soit dans mes activités artistiques (écriture, production musicale, peinture et sculpture) ou dans mon métier de thérapeute.
« Toujours continuer de continuer » est ma devise. Écouter les autres et leurs opinions est souvent présenté comme une vertu. Personnellement, j’ai constaté que cela conduit surtout à… l’immobilisme ! Quant à mes projets, je préfère les garder pour moi tant qu’ils ne sont pas pleinement aboutis.
C’est simplement plus efficace. Une fois concrétisés, je les partage avec plaisir pas avant. J’ai toujours fonctionné ainsi. J’aime laisser les choses exister d’abord, puis les présenter telles quelles. Parler de ses projets en amont me semble être une dépense d’énergie assez inutile, et parfois même contre-productive, surtout dans des milieux où la jalousie est, disons, fréquente.
De mon côté, j’avance. Tranquillement. Écriture, composition, création picturale, accompagnement thérapeutique… sans trop me soucier de ce qui se fait ailleurs. Comparer son parcours ou son bonheur à celui des autres est devenu presque automatique aujourd’hui. Je trouve cela dommage. J’ai choisi une autre approche : créer ma vie comme une œuvre singulière, sans référence particulière. Chacun fait comme il veut, bien sûr.

Ce roman jeunesse est-il vraiment pour les jeunes ?
J’ai de bons retours sur la jeunesse, avec des questions sur qui étaient les héros notamment. Les jeunes y voient une histoire d’été et de passage et le livre leur apprend beaucoup sur les émotions liées à l’Amour… Les adultes, eux, y retrouvent des vérités enfouies, parfois inconfortables et l’effervescence des années 80. Une période plus faste que maintenant.
La vie passe et si certaines optent pour un cadre ultra-conventionnel, des filles comme Gigi, elles, utilisent le temps qui leur est imparti pour leur propre plaisir ! Elles n’ont pas envie de se réveiller à 65 ans, c’est à dire à l’âge de la retraite, et de constater qu’elles ont offert leurs plus belles années à un système. Non, Gigi sait que la Vie n’est pas le lavage de cerveau qu’on nous impose dès l’enfance. Je l’ai imaginé telle une jeune B.B en puissance absolue ! Gigi aime, n’aime plus, se sert, donne et reprend. Elle est adulée et détestée à la fois. Mais elle ne laisse personne indifférent !
Votre scolarité au lycée (bac littéraire) a-t-elle nourri le texte ? Vous étiez à Vichy ?
Non pas du tout. Je suis allée au lycée Françoise Cabrini de Noisy le Grand, dans le 93 ! C’est l’ancienne demeure de Joséphine de Beauharnais, elle laisse donc une mémoire dans les murs, et dans ceux qui y passent, je suppose.
Vichy, elle, était ma ville de rêve, ville thermale belle époque, et j’ai fait des pieds et des mains pour y vivre ! Coup de cœur absolu avec une grande maison rose et un lieu aux bonnes ondes grâce aux sources. Paris était la ville de ma jeunesse. J’en ai énormément profité.
Vichy est celle de la sérénité et d’une forme de maturité familiale, professionnelle et artistique. Ici c’est villégiature ! On vit un peu comme en vacances permanentes, peut-être que ça ôte beaucoup de pression et que finalement je suis plus inspirée. Il n’y a pas d’autres objectifs que de vivre et d’être soi, c’est ce que j’aime par dessus-tout dans notre vie.
Vos années d’université : Histoire de l’Art à la Sorbonne – Michelet, Communication au CNAM et Créapole ESDI puis la Fac de Théologie de Strasbourg avant l’école de Sophrologie il y a 10 ans — influencent-elles votre roman ?
Indirectement. Elles m’ont appris à lire les signes, à décoder des images, à comprendre ce qui se joue derrière les apparences. Mon héroïne, Gigi, se rêve en artiste officiant à Camden, elle est créative et possède sa spiritualité propre. Gigi est un peu comme moi : elle favorise le Vivant à l’Institutionnel figé ! Elle est une âme bohème !
Pourquoi ce virage vers l’accompagnement humain et l’étude de la psychologie ?
Parce qu’observer ne suffisait plus. J’ai compris que les dynamiques relationnelles les plus complexes commencent très tôt, bien avant l’âge adulte et s’ancrent à l’adolescence. Dans L’été Gigi ce sont les amours de jeunesse que je décrypte psychologiquement.
Vos expériences en soins palliatifs ont-elles marqué votre écriture ?
J’y ai surtout appris qu’il fallait se faire plaisir à tout âge et que ce qui est reporté demeure incertain. Là-bas, tout masque tombe. On voit les dynamiques humaines telles qu’elles sont. Il faut être une battante pour apporter ses propres outils de bien-être dans un service de fin de vie…
Chaque personne rencontrée puis envolée vit toujours en moi. Avec du recul, je suis extrêmement fière. A l’hôpital Vaugirard, par exemple, j’ai découvert ceux que je ne voyait jamais dans la rue.
Principalement des pathologies Alzheimer mais aussi des démences séniles. J’ai débarqué là à 27 ans, avec mon look de jeune fille d’à peine 18. D’un seul coup je n’ai plus ressenti aucun souci dans ma propre vie ! Je retourne régulièrement ici, en Auvergne, travailler dans ce type de services pour animer des Groupes de parole ou d’Entraînement cognitif. Ce sont des moments incroyables, toujours très riches humainement.
La licence de théologie à Strasbourg a-t-elle influencé votre regard ?
Oui. Confronter la vulnérabilité humaine au quotidien rend certaines questions spirituelles essentielles et inévitables.
Votre longue expérience comme coach et consultante transparaît-elle dans le roman ?
Sans doute. Je reconnais immédiatement les jeux de pouvoir subtils, les exclusions, les alliances silencieuses. Cela commence bien avant l’âge adulte. Reconnaître les mots ou les postures liés à ces jeux de pouvoir est un grand atout pour vivre paisiblement ses relations humaines, croyez moi !
La sophrologie a-t-elle modifié votre écriture ?
Elle m’a appris l’économie et le non-dit. Laisser des espaces pour que le lecteur ressente ce qui n’est pas écrit.
Ce roman règle-t-il des comptes avec le passé ?
Mis à part pour un but d’écriture je ne suis pas du genre à regarder dans le rétroviseur. D’ailleurs même les noms de famille de personnes côtoyées pendant des années finissent par m’échapper, par s’envoler. Il faut être une personne vraiment intègre et sensible, un être enchanteur pour que je veuille me souvenir de vous ! Mais observer avec lucidité, c’est parfois plus gênant qu’une revanche…
Je crois que ceux qui nous font du mal n’y sont pour rien. Ils sont placés là sur votre chemin tels des pions. Le but est de vous endurcir et de vous permettre d’évoluer. Je remercie toujours, que je rencontre une personne adorable ou complètement narcissique et manipulatrice. Il n’y a que des leçons à la grande école de la vie ! Le reste importe peu.
Pourquoi un texte court et un prix un peu élevé par rapport à vos autres livres ?
La littérature prend du temps. Un correcteur, un illustrateur, ça se paye ! Dans notre pays on veut de l’art gratuit et faire payer les artistes ! On les maintient ainsi dans la précarité et ensuite on leur refuse certains avantages parce qu’ils sont « artistes » justement !
A l’heure actuelle, par exemple, la grande mode est de se nommer Galerie d’art mais de faire, en fait, de la location de murs et pas du tout un travail de galeriste, et de prendre un pourcentage par-dessus le marché ! C’est tellement bien ancré dans les cerveaux que presque tous les artistes sont prêts à payer pour être exposés ! Soyons sérieux. Un livre de qualité possède un coût.
Tout travail mérite salaire ! Tous les intermédiaires doivent être rétribués ! De plus, c’est un texte dense et une impression de qualité. Mon éditeur est à compte d’éditeur. Ce n’est pas de la consommation rapide : L’été Gigi se lit, se relit, et continue de travailler le lecteur bien après. Il y a une réelle valeur ajoutée. J’aime investir dans des livres différents, que je peux éventuellement racheter ensuite pour mes proches et offrir. J’ai lu cent fois « La vie devant soi » mais je viens d’en acquérir une belle version. Il y a les mots mais il y a aussi l’apparence du livre. Je viens d’une famille de relieurs alsaciens, donc je suis également sensible au toucher, au visuel. Je ne néglige aucun aspect.
Que diriez-vous à ceux qui vous ont connue et hésitent à lire le livre ?
Ouvrez-le et voyez par vous-mêmes ! Certains y reconnaîtront peut-être des attitudes ou autre chose… et peut-être se demanderont-ils pourquoi ils n’avaient jamais vraiment observé ces mécanismes de l’amitié et la complexité de l’amour avant !
Libre et indomptable : le don de relever les autres sans s’excuser
Originaire de Gournay-sur-Marne, Céline Estelle est repérée jeune pour sa plume. Du lycée (bac littéraire) à la Sorbonne – Michelet (Histoire de l’art), puis Strasbourg (théologie), elle refuse très tôt le moule des conventions.
Pendant 12 ans, elle collabore avec la presse nationale et internationale, forgeant un style net, libre, impossible à lisser.
Consultante en communication relationnelle depuis 27 ans, psychopraticienne et sophrologue depuis 10 ans, elle connaît les mécanismes humains… et leurs faux-semblants. Avec L’été Gigi, elle signe un texte court, sans compromis, qui dérange les certitudes.
« Ceux qui croyaient me connaître devraient le lire. Les autres n’oseront pas ! »
DÉCOUVRIR L’ÉTÉ GIGI de Céline Estelle sur le site de son éditeur en cliquant ICI